Le verger pâturé, un écosystème qui fonctionne
Un arboriculteur bio m’a raconté l’histoire de ses recherches pour réintroduire des animaux sous les arbres, pour réactiver la flore microbienne, briser le cycle des parasites dans le sol et retrouver ainsi les équilibres naturels des sols. Ce projet de reconstitution de l’agroécosystème, ce souci pour la vie permanente du sol, permettent au producteur de sortir d’une certaine logique bio classique.
Ainsi, le producteur laisse paître dans ses vergers des moutons de la race Shropshire. C’est une race ancienne, adaptée aux vergers puisqu’elle ne s’attaque pas à l’écorce, ne monte pas aux arbres. Ce qui concourt à une bonne efficience énergétique de la production agricole.
On observe des résultats très positifs puisque le travail des moutons fait gagner près de cent heures de main-d’oeuvre ou de machine par hectare. De plus, la mise en place d’un verger durable avec des animaux domestiques a permis un arrêt des engrais, une diminution des interventions phytosanitaires, une augmentation des productions.
En développant ce principe, les oies ou les poules peuvent compléter le travail des moutons; elles avalent les fruits véreux ou malades qui jonchent le sol des pommiers, et suppriment ainsi la première ou la dernière génération de chenilles, larves, asticots. Une bonne complémentarité s’instaure entre oies et moutons, ces derniers tondent l’herbe afin que les oisons ne se perdent pas, et créent des biotopes favorables aux couvaisons et à la circulation abritée des jeunes anatidés.

